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EDITO


L'association (a)lpha est dissoute

Chers amis,

(a)lpha – association pour la laïcité de la psychanalyse a été dissoute, lors de son Assemblée Générale, ce 25 octobre. Son site Internet (www.alpha-psychanalyse.org) restera néanmoins d’accès public.

Quatre années se sont écoulées depuis la création de l’association qui nous a réunis. Quatre années au cours desquelles, bon an mal an, une réflexion et des travaux ont contribué à réactualiser la question de l’analyse profane. Avec notamment le soutien, auquel je veux rendre hommage, de Laurent Sauerwein qui a créé le site Internet de l’association et permis la diffusion de nos travaux, et celui de Marie-Hélène Brousse qui a encouragé puis facilité notre initiative.

Son objectif consistait dans la défense et la promotion de la laïcité de la psychanalyse. Il prit assez vite, pour certains d’entre nous, la dimension d’un pari qui suscita leur action, reste vif et pourrait être gagné, s’il ne l’est pas déjà en partie.

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Comment formuler ce pari ? Il s’agissait de tenir sur le principe de la laïcité de la psychanalyse, non seulement dans un effort d’élaboration mais aussi en actes, plutôt que de s’épuiser en stratégies, au motif qu’il n’est de pratique de la psychanalyse que profane, sans qu’il soit nécessaire d’endosser les oripeaux universitaires dont souhaite nous affubler l’Autre politique. Il s’agissait en somme de choisir « la psychanalyse la vraie » et ne pas lâcher sur sa spécificité. Avec cette pointe d’idéalisme qui nous avait conduits à énoncer, dans le Manifeste d’(a)lpha, qu’ « On devient psychanalyste, non pour avoir émargé au bas de quelques diplômes, mais pour avoir rencontré le désir de l’analyste, à l’entour de sa cure, qui d’être personnelle en était didactique…  [la] fonction [du psychanalyste] relève de la place qu’il tient dans le dispositif analytique ; au sens où son savoir, enrichi de sa réinvention permanente, se constitue dans l’expérience, sans pour autant faire système de pensée ; au sens où sa pratique est étrangère à toute évaluation ou tout contrôle administratifs et ne peut être garantie par aucune qualification universitaire… Le psychanalyste, en tant que tel, ne se soutient d’aucune autre place que celle où s’édifie son désir. »

Nous savions et nous n’oublions pas qu’aucun espoir sérieux n’est à attendre du côté du législateur. Qu’il s’agisse de la loi actuelle ou d’une autre, de tel décret ou de tel autre, un texte finira par être opposable aux praticiens non diplômés. Mais ce n’est plus le cœur de la question : c’en est tout au plus un symptôme. Qu’il faudra traiter comme tel dans les années à venir, parce que nous ne sommes pas de ceux qui éradiquent les symptômes pour rendre conforme. Nous ferons avec, mais pas sans armes. A cet égard, un nouveau projet pourrait être annoncé prochainement.

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Pendant ces quatre années, (a)lpha s’est associée, à la marge, aux engagements que cristallisèrent les Forums des Psy. Elle a fait le choix de demeurer sur le bord, confiante dans le sérieux de ce qui s’y déployait, sans chercher ailleurs qu’en elle-même les ressources de ses avancées.

On a pu m’interroger sur son orientation. A juste titre. Ce à quoi je répondais qu’elle s’orientait de Freud et de Lacan. Et, forte du désir de quelques-uns, (a)lpha a continué, discrètement, de tirer les conséquences de ce qui s’élaborait en son sein.

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C’est ainsi qu’une autre association, Rencontres Psychanalytiques, est née du désir des mêmes d’abord réunis dans un groupe de travail d’(a)lpha sur les premiers instituts freudiens de psychanalyse. C’était en 2006. Entre temps, Jacques-Alain Miller avait aiguillonné notre désir, en référence à la « solution traditionnelle du mouvement analytique », corrélée à la Proposition du 9 octobre 1967 sur le psychanalyste de l'École énoncée par Lacan : « Si j’avais, écrivait Jacques-Alain Miller à Elsa Ebenstein en avril 2005, à donner un conseil à de jeunes praticiens …, ce serait de compter sur leurs propres forces, de s’associer à quelques-uns, et de créer un groupe auto-régulé, vivant sous ses propres lois, mais enfin sous des lois, chacun co-responsable des autres. A défaut de garantie de l’État, se donner en groupe une garantie. C’est la solution traditionnelle du mouvement analytique, c’est la solution exposée par Lacan en 1967.» Cela valut l’annonce, par Elsa Ebenstein, en novembre 2005, lors du deuxième Après-Midi de Travail d’(a)lpha, à Saint Denis, d’un projet de création d’un centre de consultations, où seraient mises en pratique les réflexions nées dans notre association.

Et, suivant une temporalité logique, ce centre de consultations psychanalytiques a vu le jour. Il a été conçu comme une espèce de laboratoire de la psychanalyse en tant que laïque. Sans support institutionnel, ni moyen financier. Par quelques psychanalystes, dont aucun ne fait valoir de diplôme en psychologie ou médecine. Dans un appartement, prêté par une ville de banlieue et aménagé avec les moyens du bord. Pour une pratique de la psychanalyse – appliquée ou pure. Avec le désir que s’y maintienne une éthique sans compromis.

Voilà en quoi le pari d’(a)lpha est gagné : Quelques-uns font la preuve, en prise directe avec le social, que la psychanalyse en tant que telle peut encore exister. Qu’à ce titre seul, des sujets s’engagent dans l’expérience analytique. Et que la laïcité de la psychanalyse reste, non pas le point aveugle, mais un des points de capiton de notre pratique.

Benoit Drunat

(a)lpha au travail - BLOG 

Jacques Lacan et Sigmund Freud

Psychanalystes laïques célèbres :
Mélanie Klein, Lou Andréas-Salomé, Anna Freud,
Marie Bonaparte, Theodor Reik




(a)lpha au travail - BLOG 

Laïcité de la psychanalyse
Tome 2 encore disponible

Les Actes du deuxième Après-midi de travail organisée par (a)lpha en novembre 2005 sur le thème « Pratiques laïques de la psychanalyse aujourd’hui : situation française, enjeux européens » ont été publiés. On y lira notamment avec intérêt la redéfinition de la laïcité de la psychanalyse par extension du terme de profane que proposent Marie-Hélène Brousse et Véronique Mariage.

POUR COMMANDER LE LIVRE

Adresser un mail à
Benoit Drunat :

benoit.drunat X wanadoo.fr
(anti-spam : remplacer X par @).

Prix : 8,50 euros frais de port compris.

NB : Un certain nombre d'exemplaires des Actes du premier Après-midi de travail sont encore disponibles.
Titre : « De ‘’La Question de l’Analyse Profane’’ à la question de l’analyste profane ». Sur commande à l’adresse mail ci-dessus.


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